Elle est bonne celle-là!

blog action day 2013Le monde évolue… vraiment? On dira plutôt que le monde change. Car le changement n’est pas forcément une évolution. Il n’y a actuellement pas de pays qui ne connait pas de crise, de conflits ou encore de problèmes sociaux.

Subissant de plein fouet la pauvreté et le chômage, les jeunes malgaches connaissent actuellement des situations difficiles, développant ainsi la délinquance.

  • L’Eldorado s’appelle Liban, Libye ou Koweit

Des agences de placement se sont spécialisées au recrutement et au placement de jeunes femmes malagasy afin de les envoyer dans d’autres pays tels que, le Liban, la Libye ou encore Koweit. Certaines reviennent souvent traumatisées, maltraitées voire décédées. Il est tout à fait normal que l’on investisse quelques Ariary pour obtenir un passeport et de temps à autres se payer un billet d’avion pour gagner un peu plus de cent mille Ariary soit à peu près US$45 par mois. Ainsi, on s’aventure en dehors de Madagascar pour gagner trois à quatre fois plus que ce qu’elle aurait pu gagner à l’usine franche.

Souvent ces femmes sont généralement embauchées en tant que femme de ménage ou de nounou. Le principal souci est que beaucoup d’entre elles ne parlent ni le français ni l’anglais. Elles acquiescent et font un mouvement de la tête dès qu’elles entendent un mot qu’elles reconnaissent. Quelques unes d’entre elles, pour ne pas dire la majorité,  ne sont pas vraiment qualifiée pour les tâches dont elles sont responsables et avec la barrière linguistique cela crée des incompréhensions et des problèmes entre l’employeur et l’employée.

C’est une des raisons qui poussent certaines femmes à s’enfuir de la maison de l’employeur. Malheureusement pour elles, le passeport a été gardé par le patron. Ceci afin d’éviter toute fuite. De toute façon, la fille ou la femme, si elle s’enfuit, ce n’est pas toujours pour rentrer mais pour tenter de trouver un meilleur emploi. D’où, avec certains patrons, des cas de maltraitance et de violence reçue ont été largement médiatisés à Madagascar. Il y eut même quelques cas de décès en rentrant au pays. (image : Ao Raha)

  • Bonne ou bonne soeur

femmes à l'usineLa classe moyenne de la capitale de Madagascar, Antananarivo, recherchent des jeunes filles de la campagne pour travailler chez elle. Ce sont les bonnes à bon marché que chaque foyer a besoin pour bien tenir la maison. Ces filles repassent, font la vaisselles, font le ménage, gardent les enfants, et tout ce qui doit être fait pour garder la maison en ordre. Souvent, cela ne reste pas au niveau de la classe moyenne mais s’étend jusqu’à la masse populaire.

Ces filles gagnent mensuellement entre Ar 20,000 et Ar 100,000 (entre US$9.00 à US$45). Les plus qualifiées et plus chanceuses arrivent à gagner entre Ar 160,000 à 300,000 (entre US$ 72 à US$ 136) surtout si elles sont employées par des sociétés formelles ou travaillent dans une famille d’expatriée. Plus elles gagnent moins elles sont maltraitées et moins elles gagnent plus il est probable qu’elles soient tombées sur des « mauvais patrons » qui ne les laissent sortir de la maison, si encore c’est possible que deux fois par mois, soit un dimanche après midi sur deux.

Ces filles savent qu’il y a beaucoup de ce genre de travail en ville et restent chez la famille employeuses entre deux semaines à six mois. Il y a de plus en plus d’agence qui jouent le rôle d’intermédiaire entre ces « bonnes » et les « patrons » moyennant l’équivalent d’un mois de salaire payable à l’avance par le patron.

Pour éviter de se casser la tête, quelques filles des hauts plateaux ont préférées devenir religieuses. Pas tout de suite religieuse mais plutôt des postulantes ou des novices. Devenir religieuses sont pour certaines une manière d’obtenir le respect mais en même temps le « paradis ». Nous nous excusons à l’avance pour cette caricature mais il y a beaucoup de cas comme cela, et ce depuis les années 80. Malheureusement, la vocation n’est pas pour tout le monde. Si une grande partie reste, les autres préfèrent s’aventurer dans la capitale et trouvent soit un mari soit un boulot temporaire.

Le luxe à Tana (surnom donnée à Antananarivo) est maintenant de ne pas avoir de « mpiasa an-trano » (celle qui travaille à la maison), de « mpanampy » (celle qui aide) qui sont tout simplement des bonnes. Il y a des avantages à cela. D’une part, on préserve sa vie privée puis on n’est pas du tout dépendant d’un quelque coup de tête de la bonne pour aller se marier et d’autre part on évite de se faire traiter d’esclavagiste moderne. Dans ce cas, on préfère dépendre de la Jirama avec les différents gros électroménagers qui font office de bonne.

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