Une nuit à Montecasino

A Sandton, dans le Gauteng en Afrique du Sud, il existe un lieu de divertissement qui s’appelle Montecasino. Il figure parmi les principales attractions à découvrir à Joburg. Il s’agit d’une ville dans la ville. En effet, on entre dans un bâtiment, on parque sa voiture dans le typique parking du sous-sol ou de l’entresol, on monte les ascenseurs et on arrive… dans une autre ville 🙂 génial, non? 

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La première fois, c’est assez bluffant et c’est en même temps dépaysant. On a l’impression qu’on atterrit dans un parc d’attraction réservé aux adultes. Sauf qu’il n’y a pas que les adultes qui y viennent car j’ai aussi rencontré des jeunes et des adolescents là-bas. Le ciel semble si réel alors qu’il s’agit d’un plafond peint où l’on simule le jour et la nuit, en fonction de l’ambiance recherchée. (photo : Montecasino)

Donc une ville dans une ville avons-nous dit plus haut. Plus précisément, une ville typiquement italienne et qui se trouve à Johannesburg. On entre, on découvre une rue, on traverse une place, on croise des vieilles Fiat et des scooters. Une autre place contient une fontaine et on a l’embarras du choix du bar ou de la boutique où l’on souhaite entrer.

Renseignement pris, le lieu accueille régulièrement des stars et des jetsetteurs du monde entier et il s’agit aussi d’un lieu où l’on organise régulièrement des événements comme le concert de Celine Dion, des représentations comme La Belle et La bête, Dirty Dancing ou encore High School Musical et des conférences professionnelles. Dans le nom Montecasino, il y a le terme casino… Son théâtre et sa salle de cinéma sont des lieux de divertissement de qualité. L’endroit accueille même des cérémonies et de réception de mariage.

Suite à mon précédent post sur le « kitoza » de Madagascar, ici on peut trouver les fameux billtongs de l’Afrique du Sud. On commande donc un plat de viande par gramme, 500gr de préférence et on l’attaque.

Si je ne me trompe pas et si leur site le confirme bien, Montecasino comprend trois différents hôtels qui peuvent accueillir ceux qui viennent se divertir dans ce haut-lieu mythique de Sandton.

Comme le lieu se trouve à trois de vol d’Antananarivo, on ne peut qu’y revenir si l’occasion se présente.

 

Le kitoza, bon et dangereux … pour les dents

Ceux qui ont déjà été à Madagascar savent ce qu’est un zébu malgache et ce qui le différencie du boeuf classique que l’on trouve en France ou en Norvège par exemple ou encore du zébu indien ou africain. Le zébu, pour ceux qui ne le savent pas, est un boeuf à bosse avec de longue corne par rapport au boeuf classique cité précédemment. Les malgaches, et plus particulièrement les habitants des hauts plateaux, ont commencé à manger la viande de zébu au temps du roi Ralambo (1575 – 1610).

Un des mets que l’on peut préparer avec la viande de zébu est le fameux « varanga ». Il s’agit d’une sorte de rôti croquant de filet de zébu, plus confit que rôti peut-être. Beaucoup d’articles ou de recettes en parlent. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est le fameux « kitoza »

Qui n’a jamais été à Madagascar et goûté à un bol de riz aux brèdes accompagné de ces fameuses lamelles de viande de zébu séchées et fumées (boucanées) pendant des jours avant d’être déguster. Comme nous l’avons dit plus haut, une des particularité du zébu est sa bosse. Cette partie est traditionnellement réservée aux nouveaux-nés lorsque les aînés leur accorde la bénédiction des anciens. C’est l’un des morceaux qui est difficile à cuire à part grillé car il durcit assez vite.

On demande donc au boucher ou à celui qui doit préparer la viande de découper cette partie de la bosse et une partie du filet ou de faux filet ou d’autres morceaux sans os, en une plus ou moins fine tranche longue pouvant atteindre et dépasser le mètre. Ensuite on sale un peu et on la sèche au dessus d’un feu de bois pendant quelques jours en faisant attention à ce que les rats ne la vole pas et que les mouches ne pondent pas dessus.

On choisira la dureté de la viande suivant le nombre de jour de séchage. Plus long est le séchage, plus dure et plus noire est la viande et plus elle devient encore plus bon.

Mais il faut faire très attention. Le kitoza est dangereux pour ceux qui ont de mauvaises dents, ceux qui portent des prothèses dentaires car comme elle est dure, elle risque de vous sensibiliser la dent ou encore d’endommager la fixation de la prothèse si le « kitoza » a été séchée trop longtemps.

Le kitoza est devenue une appellation générique de la viande de zébu séchée mais elle peut aussi désigner de l’espadon, de l’anguille, du porc ou d’autres viandes du moment qu’elle soit découpée en lamelle, séchée et ou fumée. Dans tout les cas, on a l’habitude d’utiliser le pléonasme « kitoza fumée » pour mieux expliquer à ceux qui ne parlent pas malgache la spécificité du mets.

En tout cas, chez nous on dit « milailain-doza toy ny kitoza » (litt. vachement bon comme du kitoza)

Bon appetit 😉

Andravoahangy, un échec de la circulation

Andravoahangy est un quartier marchand de la capitale. Il abrite un des principaux marchés de la ville au même titre que Mahamasina, Isotry/Ambodin’Isotry, Anosibe, Analakely. en ce qui concerne la circulation et l’organisation des marchés, si dans les autres quartiers, tout se passe tant bien que mal, à Andravoahangy c’est le chaos total. Plutôt que de d’étaler les mots, regardons plutôt des extraits qui illustre le quotidien de ce quartier populaire, un quartier qui abrite aussi un des grands lycée d’Antananarivo qui n’est autre que le Lycée Saint Antoine.

  1. Agent de circulation à AntananarivoAvec la vue d’un agent de la circulation, avec des gestes approximatifs et qui n’est pas souvent règlementaires, on se sent un peu rassuré pour affronter la circulation dans le quartier. Dans la photo correspondante, l’agent nous arrête brutalement sans prévenir et se met juste devant la voiture pour demander aux autres véhicules de circuler.
  2. Malheureusement, à quelques mètres de là où se trouvaient l’agent de la circulation, les piétons n’ont plus accès depuis des année au trottoir car les marchands « réguliers » s’y sont investis et que juste devant ces marchands, au beau milieu de la route sur la chaussée, d’autres marchands, ambulants pour cette fois occupent la moitié des deux voies de circulation.
  3. marchands ambulant AndravoahangyLa pauvreté n’est pas une excuse, mais dès fois on se demande si vendre quelques oeufs pendant des heures valent la peine de ralentir une économie qui peut connaître un flux de plusieurs pousse pousse à Antananarivomilliards d’Ariary (Je ne pose même pas la question de l’existence des cartes professionnelles, de la patente ou autres documents formalisant ces marchands sur la voie publique.
  4. Par ailleurs, malgré une interdiction existante les pousse-pousses et les charrettes circulent encore dans la ville et pire hantent toujours les marchés comme celui d’Andravoahangy, d’Anosibe ou d’Analakely
  5. circulation à AndravoahangyLes scooters font la loi dans la capitale. Beaucoup d’entre eux ne respectent pas le code de la route pour ne citer que le dépassement à droite, le port de casque sur les bras ou au dessus de la tête (et non pas sur la tête) la limitation de vitesse, pour ne citer que cela. Personnellement, il serait opportun d’une part d’immatriculer tous ces scooters moins de 50cc qui souvent ont été bridés voire modifier pour faire plus de 90cc, ceci dans le but de protéger leur propriétaire d’une part contre un éventuel vol ou encore de mieux les recenser mais surtout afin de pouvoir identifier assez rapidement les délinquants. On se souvient de l’attaque de la boulangerie Gerb’Or ou les bandits se sont enfuis en scooters ou encore la fusillade d’Ambohijatovo où les malfrats étaient en scooter.
  6. marchands à AndravoahangyPour couronner le tout, les fameux taxibe de l’UCTU (Coopératives des Transporteurs Urbain) ont des arrêts symptomatiques et contribuent énormément aussi au blocage de la circulation.arrêt illégal taxi be

file de taxibeBref, vous l’avez compris, la circulation à Antananarivo, à l’image du marché d’Andravoahangy n’est pas une des plus fluide. Mais le problème semble être ailleurs, à priori on croit qu’il y a du laisser aller et du laxisme. Mais on assiste à une indiscipline générale de la masse populaire. Les sans-emploi se  s’improvisent marchands, les marchands ne veulent pas entrer dans l’enceinte du marché pour vendre, les agents de circulation considèrent que ce n’est pas leur responsabilité mais plutôt de la Commune Urbaine, La Commune Urbaine d’Antananarivo n’arrivent pas à gérer ces charretiers, tireurs de pousse-pousse et ces vendeurs dans l’informel car cet ensemble représente à peu près 70% de la population donc sensible et si on y touche on craint un mouvement populaire.

Mais Andravoahangy n’est que la partie émergée de l’iceberg car ce problème est présent un peu partout dans la ville, en particulier aux alentours des places de marché, dans les bas quartiers et les autres quartiers populaires, en plein centre ville. En ce jour de fête, la circulation devient un cauchemar, surtout si le quartier a un mauvais revêtement et un mauvais état de la rue ou d’autres problèmes plus sournois.

Un autre problème que nous n’évoquerons que brièvement est le lobby des transporteurs en commun. En effet, il y a quelques semaines de cela, les usagers ont grogné contre la hausse du frais de transport. Les transporteurs eux, ont exigé une action de l’Etat comme l’octroi d’une subvention, la baisse du prix du carburant et ont ainsi fait la grève pour démontrer que sans eux les usagers ne peuvent rien faire et donc à leur merci et sans eux non plus l’Etat peut craindre le pire de la part de la population. Finalement, les transporteurs urbains sortent grands vainqueurs de la crise en recevant un voyage grassement payé en Chine pour le renouvellement de leur parc mais comme promis la prise en charge par l’Etat de la moitié du prix d’achat des véhicules chinois (selon l’indiscrétion d’un transporteur urbain) ou encore la détaxation de ces matériels roulants. Finalement, le sujet de la hausse des frais ne sera plus abordé et le petit peuple restera toujours un petit peuple qui n’aura même pas en une année ce que l’un de ces transporteurs gagne en un mois sur une voiture.