Madagascar, attention aux carburants!

Le carburant, un des éléments clés de l’économie, va mal à Madagascar. En effet, depuis quelques semaines les consommateurs et la presse en général dénoncent une mauvaise qualité de l’essence et du gasoil distribués dans les stations services en général.

Influé par la France dans le choix de l’énergie à utiliser, le malgache a aussi connu une diéselisation massive de ses voitures. Moi-même, anciens passionnés de grosses cylindrées essence, j’ai aussi été touchée par le phénomène et préfère maintenant rouler quotidiennement en diesel.

Il faut dire que le prix à la pompe du gasoil reste encore faible comparé à celui de l’essence tourisme. Et ce depuis plusieurs années déjà. Une des principales raison à cela est que les gouvernements successifs ont préféré toucher le moins possible au prix du gasoil car la majorité des véhicules de transport utilisent  ce carburant et donc le toucher serait toucher un corde sensible à l’économie.

En ce qui concerne l’essence, le consommateur lambda n’a pas la possibilité de vérifier l’indice d’octane réel de son carburant, que ce denrnier soit un sans plombs 91, 95 ou 98. Ce qu’il peut constater c’est la couleur : rouge, verte ou autre. Il doit ainsi faire confiance aux compagnies.

Mais le consommateur n’est pas satisfait. Il est même loin d’être content car les pompistes, les compagnies pétrolières qui assurent la distribution mais aussi certaines stations services n’assurent plus le service de qualité d’antan et semblent même arnaquer le client.

Après quelques entretiens avec des « victimes » du système et aussi après quelques lectures sur les réseaux sociaux, j’ai pu faire les constatations suivantes :

– Comme l’Etat n’appuie plus les compagnies (subventions, liberté sur la fixation des prix, etc.) les consommateurs suspectent ces sociétés de trafiquer ou d’ajouter autre choses que de l’essence ou du gasoil dans leur approvisionnement.

– Comme certaines stations services trouvent que leur marge est devenue moindre, quelques unes dérèglent leurs pompes voire ajoutent de l’eau au stock de carburant (On dira par la suite que c’est à cause de la pluie ou une autre excuse bidon) et arrivent à vendre n’importe quoi aux automobilistes.

– Comme c’est la crise, les pompistes n’ont reçu d’augmentations depuis plus d’un an et essaient de récupérer quelque part la différence entre leur revenu habituel et les dépenses supplémentaires causées par l’inflation et se trouvent finalement à escroquer le client, soit en faisant tourner à vide la pompe avant que le carburant monte réellement, soit en continuant là où le précédent client s’est arrêté ou une tout autre magouille dont ces quelques pompistes ont le secret.

Mais franchement, ce n’est plus vraiment économique de conduire des voitures utilisant la technologie de common rail ou de l’injection direct. Si le problème fait avancer le business des distributeurs de filtres et d’injecteurs ou encore des moteurs en entier, la situation est loin de satisfaire les automobilistes en général à en juger les forums et les discussions sur le net mais dans le cadre privé aussi.

Remarque, parmi les taxi-brousses reliant la capitale à Majunga, au moins deux fonctionnent maintenant au pétrole lampant, va savoir comment… En tout cas, je mettrai bien du 100LL dans mon réservoir essence si on peut encore en trouver.

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(re) Découvrir le lac Itasy avec le Festival Barahoa

Le poisson c’est bon pour la santé! du moins c’est ce que l’on nous a  appris depuis toujours. L’Office régional du tourisme de l’Itasy et la banque chinoise à Madagascar BICM lance à partir de ce jour jusqu’à dimanche 14 octobre le festival Barahoa.

Dans le jargon local, le barahoa désigne les poissons tilapia en général, ces poissons qui font la renommée de la région et du lac Itasy. Introduit à Madagascar dans les années 50, le barahoa est une espèce de poisson qui est actuellement menacée à Madagascar. Menacée à cause de l’érosion et le non respect de la période de ponte mais aussi à cause du faible rendement dû au manque de la proportion d’alevins mâles. En effet, selon le Fofifa, le mâle grossit plus vite que la femelle et pour obtenir de bons rendements en pisciculture, mieux vaut élever et avoir plus de mâle que de femelle.

Il est a rappeler que ce poisson est apprécié à cause de son faible nombre d’arêtes et de sa facilité de cuisson, d’une part, mais aussi à cause des éléments nutritifs, des protéines, des vitamines (complexe B, D), de phosphore etc. que sa consommation apporte.

Le lac Itasy est proche de la capitale grâce à Ampefy, une des principales localités la plus visitée de la région. Après deux ou trois heures de route, on arrive là-bas sans être trop fatigué. Une fois sur place, le plat à base de poisson est un incontournable.

Pour ce week-end donc, on pourra assister au concert du groupe mythique malgache Mahaleo, faire des randonnées, participer à une conférence-débat sur la protection de l’environnement, de voir la miss sirène 🙂 ainsi que d’autres animations.

Sinon, une idée que je propose à l’Ortita, la chambre de commerce et de l’artisanat locale, pourquoi ne pas appuyer des artisans et développer le secteur du cuir de poisson. Au lieu de manger seulement la chaire, vendre des sacs, des ceintures voire fabriquer des portefeuille ou blouson à base de cuir de barahoa contribuerait au développement économique de la région. Comme la transformation crée de la valeur ajoutée, pourquoi pas? On sait que des tanneries thaïlandaises fabriquent bien ce genre de produit et pourquoi pas à Madagascar? ou a-t-on peur que ça sente le poisson?

En tout cas, les poissons, je les préfère crus et macérés au citron salé ou bien frits bien dorés. Alors, … 😀