Quand la masse s’invite à Foulpointe

Etant plus jeune j’appréciais passer quelques jours de vacances à Mahajanga, la capitale de Boeny dans le Nord Ouest de Madagascar. C’était un peu le rendez-vous du grand Tana entre le mois de juillet et le mois de septembre. C’était l’équivalent de partir à Antsirabe, la ville thermale, le week end pascal, et d’y retrouver toute sa clique. C’était comme si on restait toujours à Antananarivo mais qu’au lieu du paysage quotidien, nous avons un autre endroit avec les mêmes têtes.

Sauf qu’avec l’âge et la possibilité du choix de la destination, on demande de moins en moins de rencontrer ailleurs le grand Tana (c’est-à-dire la population très active et visible de la capitale) et on demande de plus en plus un dépaysement avec de nouvelles têtes, voire des inconnus. Ceci afin de se détacher de la vie quotidienne d’Antananarivo pour se recharger et changer d’idée, ne serait-ce que temporairement.

Durant l’avant dernier « pont » de cette année, avant une journée plus ou moins fériée en fin d’année, j’ai décidé de venir avec la famille  à Mahavelona, plus connue par le nom Foulpointe. Le séjour s’est bien passé malgré un jour sur trois pluvieux. Donc, récemment, j’ai décidé d’y revenir avec la grande famille et ô! surprise, je débarque sur une plage sur-bondée. On dirait que tout Tana et tout Toamasina se sont passés le mot pour venir à Foulpointe. Or, une des principales raisons de partir pour Mahavelona était de fuir la foule à Mahajanga où il y avait eu un rallye, un événement THB tour, une soirée Smile Party de la Radio des Jeunes et tout autres manifestations purement tananariviennes.

Manque de pot, comme on dit, il y avait autant de monde. La date coïncidait aussi avec la fin des examens du baccalauréat et celle de la semaine avant le début de la rentrée scolaire 2012 – 2013.

Il y avait pleins de minibus Mercedes Sprinter, qui peut contenir une vingtaine de personne par voiture en moyenne et beaucoup de groupes. Nous même, nous étions constitués d’un groupe d’une quinzaine de personne, bébés compris.

L’objectif de ce voyage était de passer quelques jours au bord de la mer en famille sans beaucoup dépenser. Nous avons commencer à chercher une maison familiale car tous les bungalows étaient pris. Nous avons pu trouver trois propositions intéressantes. Celle que nous avons retenues s’appelle La Rose, une maison situé dans un lotissement se trouvant à 2,5kms de la plage, soit à 2 kilomètres de la route nationale, du côté opposé de la mer. La distance était raisonnable vue que nous étions tous véhiculés et que les voitures n’avaient pas trop de soucis pour traverser la route en terre et en sable, ni pour traverser un soupçon de pont qui support au plus 3 tonnes. On arrive dans les bois et le dépaysement est total avec le sable et la forêt qui entoure la maison. La seule mauvaise surprise qui nous attendait concernait l’eau. On savait que Foulpointe connait un problème d’eau et de délestage mais pas que l’eau de la nappe phréatique était ROUGE!!!

Heureusement, à l’entrée de l’église catholique de Foulpointe se trouve un ONG qui filtre l’eau (passage de l’eau à travers cinq filtres successifs) dont le prix d’un bidon était de Ar 500. C’est largement mieux que d’acheter une bouteille d’eau minérale qui coûte autour de Ar 1 5OO.

Bref, arrivé à la plage, on a pu réserver pour la semaine un chalet qui peut contenir une dizaine de personnes assises. La location quotidienne du chalet est de Ar 10 000. C’est à peu près le même prix que pour la location de deux transats avec parasol. Mais il faut avouer qu’il a été difficile de trouver ce bel emplacement malgré le « harcèlement » de tous les différents vendeurs et prestataires qui vous assaillent dès le parking.

Tout cela n’était rien par rapport au plaisir que cette mer calme, protégée par une barrière de corail, et la douce chaleur du soleil lorsqu’il fait beau nous procuraient. Le principal problème est la pollution et surtout les débris de coraux que l’on retrouver sous ses pieds et sur la plage. C’est horrible!!! Il n’y avait pas cela auparavant. Du moins pas autant peut-être. Mais là, je crains que la barrière de corail qui préserve et protège les nageurs ne puisse être détruite plus tôt que prévu. Heureusement, concernant la pollution, la proportion n’est pas encore alarmante mais corresponde juste au nombre de vacanciers qui étaient là.

Je ne sais pas comment les plagistes et la commune s’organise pour nettoyer et entretenir la plage mais en tout cas ce qui y fait défaut et dont on aura bien besoin serait un bac à ordures tous les 5 ou 10 mètres. Heureusement que les marchands récupèrent le déchés de leur client à la fin de la consommation de ces derniers.

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